En 1930, pendant la construction de l'Empire State Building, les ouvriers (les célèbres ironworkers) passaient leurs journées à des hauteurs vertigineuses. Une rumeur persistante parmi les archivistes de la ville raconte que Lewis Hine, le photographe qui a immortalisé le chantier, aurait volontairement omis de publier certains clichés. Sur ces photos disparues, on verrait des poches de terre fixées aux poutres d'acier les plus hautes. Pour tromper la faim et le mal du pays, certains ouvriers d'origine rurale auraient entretenu de véritables micro-jardins de survie à plus de 300 mètres du sol, profitant de la condensation des nuages pour l'arrosage.
À cette altitude, le jardinier doit composer avec un air raréfié et des courants d'air glaciaux. La biodiversité est surprenante : des faucons pèlerins, sédentarisés sur les flèches d'acier, auraient appris à cohabiter avec ces jardiniers de l'extrême, protégeant même les plants de tomates cerises contre les attaques de pigeons égarés. C'est un exemple précoce de symbiose urbaine, là où la nature n'était censée avoir aucune place.
Le secret de ces plants de tomates "célestes" résidait dans le "Fertilisant à la Vapeur". Les ouvriers utilisaient les surplus de chaleur des rivets chauffés au charbon. Ils plaçaient de petites boîtes de conserve remplies d'eau à proximité des forges portatives pour créer un micro-climat tropical localisé autour de leurs pots. Mais le plus incroyable reste l'usage de la "poudre d'amiante" (avant qu'on ne connaisse sa toxicité) mélangée à la terre pour isoler les racines du gel nocturne. On raconte que ces tomates avaient une peau si dure qu'elles pouvaient tomber de dix étages sans s'écraser, et qu'elles brillaient d'un éclat métallique étrange au coucher du soleil. Mythe ouvrier ou miracle de l'ingénierie populaire ?


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Très très haut perchée cette rubrique! J'aime bien la science fiction!

