La cloque du nectarinier
Posté : 12 juil. 2019 11:14
Désolée du délai de réponse, c’est la course en ce moment...
Première solution
En ce qui concerne l’utilisation de doses plus faible de cuivre, tu peux :
- Améliorer la façon de pulvériser le cuivre sur la feuille, sans en avoir l’air cette étape de dispersion du cuivre sur les feuilles est très importante, il faut à la fois pulvériser l’ensemble des feuilles et fixer le cuivre sur les feuilles de manière à ce que ces dernières ne sont pas lessivées par la pluie . Certaines personnes ajoutent du savon et un peu d’huile dans la bouillie de manière à ce qu’elle se fixe bien sur la feuille, d’autres bouillies bordelaises sont déjà supplémentées avec des agents fixants. Cette étape, si elle est correctement réalisée, permet de réduire quelques fois de prêt de la moitié les traitements au cuivre
- Utiliser une forme la plus active du cuivre suivant les conditions météorologiques et donc diminuer la dose suivant le produit, il existe différentes sels de cuivre dont :
Sulfate de cuivre : par traitement du cuivre à l’acide sulfurique, pur il est à éviter sur les cultures car extrêmement corrosif et et ne contient que 25 % de cuivre.
Bouillie bordelaise : c’est du sulfate de cuivre neutre ( sulfate de cuivre + chaux éteinte ) , c’est utilisable sur les cultures mais c’est tout de même corrosif pour ton pulvérisateur....Également dosée à environ 20 % de cuivre métal. En général cette solution est lessivable en 20 min par la pluie, l’idée est donc de lors de la pulvérisation de faire tenir ce cuivre le mieux possible sur la plante. C’est ce que nous utilisons souvent dans nos jardins.
Oxychlorure de cuivre : par traitement du cuivre à l’acide chlorhydrique, Il est moins actif que la bouillie bordelaise mais également moins phyto toxique, la dose de cuivre métal est de 50 %, peu utilisé.
Hydroxyde de cuivre : par traitement du sulfate de cuivre à la soude, un peu moins efficace que la bouillie bordelaise mais également beaucoup moins phyto toxique, cependant lors de sa pulvérisation il permet de libérer une dose importante de cuivre et donc à une action plutôt flash que sur le long terme, il est également dosé à 50 % de cuivre métal. Utilisé dans les cultures.
Il existe encore bien d’autres sels de cuivre, je citerai le carbonate de cuivre (cuivre + chaux) , peu utilisé mais avec une bonne adhérence, et l’oxyde de cuivre (oxydation de l’ion cu2+), utilisé dans les cultures mais avec une mauvaise adhérence.
La différence entre les formulations tient dans la libération de l’ion cuivre, on en revient toujours à notre problème de lessivage. Je te mets un tableau des différentes utilisations du cuivre qui a été établi suite à des expériences sur la vigne, mais je pense que cela est transposable aux péchés. À toi donc de choisir la meilleure forme de cuivre suivant le moment. Par ailleurs tu peux également essayer d’associer le traitement du cuivre avec des traitements qui n’utilisent pas de cuivre, cela te permet alors de baisser ta dose de cuivre, c’est ce que je détaille par la suite.

Deuxième solution
En ce qui concerne l’utilisation d’alternatives différentes en cuivre seules ou en conjugaison avec du cuivre, il existe des préparations biocides qui sont agréés actuellement en France, je te mets le tableau suivant qui est extrait d’un document très intéressant de l’inra, ils indiquent certains traitements alternatifs pour la cloque du pêcher avec l’utilisation de lécithine ou d’extrait de saule ou de prêle. Le tableau ici énumère les préparations dont l’activité a été scientifiquement démontrée mais il existe un autre tableau (je pourrais le donner si ça intéresse des personnes) qui répertorie les préparations naturelles biocides à fort potentiel et qui sont en cours d’étude actuellement.

Désolée d’avoir été si longue sur le sujet...oups...mais pour répondre à ta question de manière nette, je ne traiterai pas tous les mois le pêcher avec de la bouillie bordelaise. Je pense que malheureusement il faut entreprendre un ensemble de mesures qui sont, comme tu le fais et c’est super bien ramasser toutes les feuilles atteintes, surtout tenter de diminuer les doses de cuivre en pulvérisation, bien pulvériser, et choisir la meilleure solution de cuivre possible selon les conditions météo et la saison (les traitements de printemps et divers sont primordiaux, et priment sur les éventuelles traitements qu’on peut appliquer pendant la saison), et surtout utiliser des méthodes alternatives telles que la prêle ou le saule pour lutter contre cette maladie… Et comme le dis Eveliotis, malheureusement, je pense que ton pêcher ou nectarinier sera toujours un petit peu atteint, l’idée est plutôt de contrôler au maximum le développement de la maladie pour que tu ais tout de même des fruits...