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Oïdium de la vigne : un biofongicide à ARN ouvre une nouvelle voie de protection des plantes

Posté : 29 août 2026 07:56
par Philippe
🧬 Un biofongicide à ARN pour lutter contre l'oïdium de la vigne


Et si, plutôt que d'attaquer largement un champignon avec une molécule conventionnelle, on pouvait viser directement l'un de ses gènes indispensables ?

Ce principe vient de franchir une étape importante.

En août 2026, le Mexique a autorisé OIFIRAX, présenté comme le premier biofongicide commercial basé sur l'ARN et destiné à lutter contre une maladie fongique des cultures.

Sa première cible : l'oïdium de la vigne.


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🍇 L'oïdium, un ennemi bien connu

L'oïdium de la vigne est provoqué par le champignon Erysiphe necator.

Il se reconnaît notamment à l'aspect blanchâtre et poudreux qu'il peut former sur les feuilles, les jeunes pousses et les grappes.

Une attaque importante peut perturber la photosynthèse, altérer les fruits et réduire la qualité ou le rendement d'une récolte.

Sa maîtrise nécessite donc depuis longtemps différentes mesures culturales et, lorsque cela est nécessaire, des traitements fongicides.


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🧬 Une approche radicalement différente

OIFIRAX utilise le principe de l'interférence par ARN, ou ARNi.

Son ingrédient actif repose sur un ARN double brin conçu pour correspondre à une séquence génétique particulière du champignon.

La cible étudiée est le gène CYP51, qui joue un rôle essentiel dans la fabrication de stérols indispensables au fonctionnement des membranes cellulaires du champignon.

Lorsque le mécanisme d'interférence ARN est déclenché, l'expression du gène ciblé est fortement perturbée.

L'objectif est donc très différent d'une action à large spectre : le traitement cherche à intervenir sur une cible biologique extrêmement précise.


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🎯 Une sorte de « message génétique » ciblé

On peut comparer le principe à une instruction extrêmement spécifique.

L'ARN double brin possède une séquence correspondant à celle que l'on souhaite neutraliser chez l'organisme ciblé.

La cellule reconnaît alors cet ARN et met en œuvre son propre système de régulation, ce qui peut conduire à la destruction des ARN messagers correspondants.

Le champignon se retrouve ainsi privé d'une partie de l'information nécessaire à la production de la protéine visée.

C'est cette précision moléculaire qui explique l'intérêt croissant porté aux pesticides utilisant l'ARN.


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🇲🇽 Une première autorisation au Mexique

Le registre officiel mexicain mentionne bien OIFIRAX, développé par GreenLight Biosciences Mexico, pour une application foliaire sur la vigne.

L'autorisation a été évaluée par les autorités mexicaines compétentes en matière de santé, d'agriculture et d'environnement.

Cette étape est importante parce que la technologie ne reste plus cantonnée aux laboratoires ou aux essais expérimentaux : elle entre désormais dans le domaine de la protection commerciale des cultures.


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⚠️ Une innovation prometteuse… qui doit encore faire ses preuves

Il serait cependant prématuré d'en faire une solution miracle.

L'autorisation mexicaine ne signifie pas que le produit est autorisé en France ou dans l'Union européenne.

Elle ne signifie pas non plus que toute technologie basée sur l'ARN soit automatiquement sans effet indésirable.

Comme pour toute nouvelle méthode de protection des cultures, plusieurs questions devront continuer à être étudiées :

• efficacité dans différentes conditions de terrain ;

• durée d'action ;

• risque éventuel d'apparition de résistances ;

• comportement de l'ARN dans l'environnement ;

• spécificité vis-à-vis des organismes non ciblés ;

• coût et facilité d'utilisation à grande échelle.

La forte spécificité recherchée constitue justement l'un des intérêts de cette technologie, mais elle doit être évaluée produit par produit et cible par cible.


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🌿 Une piste pour l'avenir de la protection des plantes ?

L'agriculture cherche aujourd'hui à réduire les traitements les plus largement actifs et à développer des moyens de lutte plus ciblés.

L'interférence ARN pourrait devenir l'une de ces voies.

Elle ne remplacera probablement pas à elle seule l'ensemble des autres méthodes : sélection variétale, prévention, observation, pratiques culturales et lutte biologique resteront essentielles.

Mais l'arrivée d'un biofongicide à ARN sur le marché constitue une étape intéressante dans l'évolution vers une protection des cultures de plus en plus précise.


Sources principales : registre officiel COFEPRIS – Mexique ; GreenLight Biosciences ; travaux scientifiques consacrés au ciblage du gène CYP51 d'Erysiphe necator.

🔭 Dossier sélectionné par Radar JDN – Sciences, Nature, Climat & Innovations


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