Bonjour
Cet extrait, je l’ai relevé dans un carnet anonyme retrouvé près d’un ancien potager, aux abords d’une ville des hauts de France…
On dit, dans certains villages du Nord, que le premier pissenlit de la saison n’est jamais tout à fait une fleur comme les autres.
Les anciens l’appelaient “la veilleuse des chemins oubliés”.
Il ne fallait pas l’arracher. Pas le premier !
Car selon une croyance discrète, transmise sans jamais être vraiment expliquée, ce pissenlit-là poussait toujours à l’endroit exact où quelqu’un, autrefois, avait hésité. Un choix simple, banal en apparence — prendre un sentier plutôt qu’un autre, dire oui au lieu de se taire… — mais dont les conséquences s’étaient perdues dans le temps.
La fleur, elle, n’oubliait pas.
On racontait qu’à l’aube, lorsque la rosée restait accrochée à ses pétales plus longtemps que sur les autres, il était possible, en s’approchant sans faire de bruit, de ressentir une impression étrange… comme un souvenir qui ne vous appartenait pas.
Certains jardiniers juraient même que, les années où le printemps tardait, ces pissenlits apparaissaient plus nombreux.
Comme si les hésitations d’hier revenaient réclamer un peu de lumière.
Alors, par précaution — ou par respect —, beaucoup préféraient contourner le premier pissenlit en fleur, et attendre.
Toujours attendre qu’un second apparaisse avant de toucher au premier !
Lors d’une randonnée, j’ai essayé une fois de le cueillir dès son apparition. Rien de particulier… sauf ce drôle de doute qui m’a suivi toute la journée. Comme si j’avais oublié quelque chose d’important.


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