Les serveurs informatiques produisent énormément de chaleur.
Habituellement, une partie importante de l’énergie consommée par un centre de données sert justement à évacuer cette chaleur afin d’éviter la surchauffe des équipements.
À Roubaix, dans les Hauts-de-France, une expérimentation originale cherche au contraire à transformer cette chaleur en ressource.
Le projet associe notamment la Brasserie des Lys, l’entreprise CIV 5.0 et l’Université catholique de Lille.
Une micro-infrastructure informatique consacrée notamment à des traitements liés à l’intelligence artificielle est installée directement sur le site de la brasserie.
Les serveurs fonctionnent et produisent naturellement de la chaleur.
Mais au lieu de simplement la rejeter dans l’environnement, celle-ci est récupérée pour participer aux besoins thermiques de la brasserie.
Le système repose notamment sur le principe du refroidissement par immersion.
Les composants informatiques sont immergés dans un liquide non conducteur adapté à cet usage.
Ce liquide récupère directement la chaleur produite par les équipements.
Cette énergie thermique peut ensuite être transférée vers un circuit d’eau chaude utilisé dans le fonctionnement de la brasserie.
On appelle chaleur fatale une chaleur produite involontairement par une activité industrielle ou technique.
Elle est souvent perdue dans l’environnement.
Les centres de données constituent justement une source importante de chaleur fatale.
Lorsque cette chaleur peut être récupérée près d’un utilisateur ayant lui-même besoin d’eau chaude ou de chauffage, elle peut devenir une véritable ressource énergétique.
Le projet possède une particularité essentielle : production de chaleur et besoin énergétique se trouvent au même endroit.
Cela évite d’avoir à transporter la chaleur sur plusieurs kilomètres à travers un réseau complexe.
Une brasserie constitue également une activité particulièrement adaptée puisqu’elle utilise de l’eau chaude à différentes étapes de fabrication.
Pas automatiquement.
La récupération de chaleur améliore l’efficacité globale du système, mais elle ne supprime pas l’impact environnemental du numérique.
Pour évaluer réellement celui-ci, il faut aussi prendre en compte :
• la quantité d’électricité consommée ;
• l’origine de cette électricité ;
• la fabrication des serveurs ;
• leur renouvellement ;
• les systèmes de refroidissement ;
• les infrastructures nécessaires ;
• et la capacité réelle à utiliser la chaleur produite tout au long de l’année.
Il faut donc considérer cette récupération comme une valorisation intelligente d’une énergie qui aurait autrement été perdue, et non comme une solution miracle.
Avec le développement rapide du cloud, des infrastructures numériques et de l’intelligence artificielle, les besoins énergétiques des centres de données augmentent fortement.
Trouver des usages locaux à leur chaleur pourrait donc devenir une composante importante de leur conception future.
Réseaux de chaleur, bâtiments publics, logements, piscines, serres ou activités industrielles : différentes expérimentations existent déjà en Europe.
À Roubaix, ce sont donc les calories produites par les calculs informatiques qui contribuent à chauffer l’eau nécessaire à la fabrication d’une bière.
Une façon originale de montrer qu’en matière d’énergie, ce que l’on considère habituellement comme un déchet peut parfois devenir une ressource.
Terres et Territoires — projet roubaisien de récupération de chaleur informatique, 2026.
CIV 5.0 — Micro IA Factory de Roubaix.
Université catholique de Lille — expérimentation autour de la valorisation de chaleur des serveurs.
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