Un tas de feuilles, un passage sous une clôture et un coin tranquille peuvent parfois lui être beaucoup plus utiles qu’une jolie maison achetée en magasin.
L’automne avance.
Les nuits deviennent plus fraîches.
Les insectes se raréfient.
Et quelque part, sous une haie, derrière un tas de bois ou au fond de votre jardin…
un hérisson commence peut-être déjà à chercher son futur appartement d’hiver.
Pas de chauffage.
Pas d’électricité.
Pas de double vitrage.
Et absolument aucune envie que le propriétaire vienne vérifier tous les dimanches si tout va bien.
Car avant de vouloir « sauver » le hérisson, il faut comprendre une chose :
Mais nous pouvons énormément l’aider.
À condition de lui donner les bonnes choses…
et surtout de ne pas lui donner les mauvaises.
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Le hérisson ne regarde pas la date pour décider :
« Ah, nous sommes le 1er novembre : au lit ! »
Son comportement dépend principalement :
• de la température ;
• de la disponibilité de la nourriture ;
• de son état physique ;
• et des conditions locales.
Lorsque les températures descendent durablement autour de 10 °C et que les proies deviennent rares, il recherche un abri très isolé et entre progressivement en hibernation.
Dans nos régions JDN, cela se produit généralement au cours de l’automne.
Pendant cette période :
• son activité chute fortement ;
• son rythme cardiaque ralentit ;
• sa température corporelle peut descendre autour de 5 à 6 °C ;
• il vit essentiellement sur ses réserves de graisse.
Mais attention :
l’hibernation n’est pas forcément un sommeil ininterrompu de plusieurs mois.
Le hérisson peut se réveiller ponctuellement, changer de nid ou ressortir lors d’un redoux.
Chaque réveil lui coûte cependant de l’énergie.
Voilà pourquoi déranger un hérisson en plein hiver n’est jamais anodin.
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Commençons par lui retirer une réputation.
Non…
le hérisson n’est pas un aspirateur professionnel à limaces.
Son régime naturel est très varié et repose largement sur les invertébrés :
• coléoptères ;
• chenilles ;
• vers de terre ;
• larves ;
• araignées ;
• limaces et escargots ;
• autres petites proies rencontrées au sol.
Il peut également profiter occasionnellement d’autres ressources.
Le meilleur moyen de lui donner à manger est donc paradoxalement…
Favorisez plutôt :
• feuilles mortes ;
• haies ;
• bois mort ;
• compost accessible ;
• zones peu tondues ;
• végétation diversifiée ;
• absence de pesticides ;
• absence de granulés anti-limaces toxiques.
Vous fabriquez ainsi son garde-manger naturel.
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Voilà un sujet où les recommandations ont évolué.
En France, la LPO ne recommande pas le nourrissage systématique des hérissons sauvages.
En Belgique, Natagora considère qu’un petit appoint peut parfois être proposé avec prudence, notamment lors de périodes difficiles ou pour certains jeunes en automne.
Pour JDN, retenons donc une règle simple :
la nourriture artificielle doit rester l’exception, jamais devenir le fonctionnement normal du jardin.
Si une association ou un centre de soins conseille ponctuellement un appoint :
Et toujours :
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Le hérisson digère mal le lactose.
Donc :
pas de soucoupe de lait, même si l’image semble sortir d’un livre pour enfants des années 1950.
Aucun intérêt nutritionnel adapté.
Nous ne préparons pas un buffet.
Elle attire d’autres animaux, se dégrade rapidement et augmente les risques sanitaires.
Ils sont très appréciés mais déséquilibrés s’ils deviennent une nourriture importante, notamment par leur rapport calcium/phosphore.
Bref :
un hérisson ne doit pas devenir un chat à piquants nourri sur la terrasse.
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Bonne nouvelle :
le meilleur hôtel à hérisson peut coûter zéro euro.
Et parfois, plus il ressemble à un tas de bazar, plus il est intéressant.
Empilez quelques bûches ou grosses branches sous une haie.
Laissez au centre une petite cavité protégée.
Recouvrez partiellement avec :
• brindilles ;
• branchages ;
• feuilles mortes.
Placez-le dans :
• un coin calme ;
• à l’abri des vents dominants ;
• sur un sol qui ne se gorge pas d’eau.
il ressemble exactement au type d’abri qu’un hérisson peut choisir naturellement.
Et lorsque quelqu’un vous demande pourquoi vous n’avez toujours pas rangé le bois…
vous pouvez désormais répondre :
« Gestion écologique de la biodiversité. » 
Prenez une caisse solide en bois d’environ :
50 × 60 cm.
Retournez-la.
Découpez une entrée d’environ :
15 × 15 cm.
Vous pouvez ajouter un petit tunnel d’entrée d’environ :
30 cm de long.
Puis recouvrez l’ensemble de :
• branchages ;
• feuilles mortes ;
• végétation.
Le tunnel crée une sorte de petit sas et rend l’accès moins direct pour certains prédateurs.
Pour les bricoleurs qui veulent sortir la scie.
Utilisez :
• bois massif non traité ;
• environ 15 à 20 mm d’épaisseur ;
• toit étanche et légèrement débordant ;
• chambre intérieure d’environ 40 cm de côté ;
• entrée de l’ordre de 15 cm ;
• idéalement un petit couloir ou une chicane avant la chambre.
Pas besoin de fenêtre.
Pas besoin de décoration.
Et surtout :
pas besoin d’écrire « Maison du hérisson » sur la façade.
Il sait où il habite.
Il sait où il habite.
Construisez simplement votre tas de bois autour d’un espace intérieur vide.
Créez :
• une petite chambre sèche ;
• un accès latéral ;
• une toiture constituée de bûches et branchages ;
• une couverture de feuilles.
De l’extérieur :
un tas de bois.
À l’intérieur :
un studio d’hibernation entièrement camouflé.
Le dessous d’une cabane de jardin.
Un espace tranquille sous un escalier.
Un vieux tas de bois contre un mur.
Un gros roncier.
Une haie très dense.
Un compost peu dérangé.
Pour le hérisson :
ce sont parfois de meilleurs hôtels qu’une construction flambant neuve.
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Cherchez :
Une entrée orientée approximativement sud-est constitue souvent une bonne solution dans nos régions.
Évitez :
Et une fois l’abri installé…
NE L’OUVREZ PAS POUR VOIR SI QUELQU’UN EST DEDANS.
La curiosité du propriétaire n’est pas comprise dans le bail.
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Pas besoin de lui préparer un lit façon chambre d’hôtel.
Le hérisson sait très bien aménager son nid.
Vous pouvez laisser à proximité :
• feuilles sèches ;
• herbes sèches ;
• petits végétaux ;
• matériaux naturels.
Il transportera lui-même ce dont il a besoin.
Évitez de bourrer complètement l’abri.
Et surtout :
ne nettoyez jamais une maison occupée en hiver.
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Voici l’un des conseils les plus importants de toute cette fiche.
Un hérisson peut parcourir plusieurs kilomètres au cours d’une nuit pour chercher nourriture, abri ou partenaire.
Or nos jardins modernes deviennent parfois de petites prisons :
• panneaux rigides ;
• murs ;
• grillages jusqu’au sol ;
• portails hermétiques.
Une ouverture d’environ :
13 × 13 cm
peut suffire à créer une véritable :
Si plusieurs voisins font la même chose…
un seul petit jardin devient soudain un territoire beaucoup plus vaste.
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Le hérisson est essentiellement nocturne.
Le robot-tondeuse aussi…
si nous le programmons ainsi.
Mauvaise combinaison.
Un hérisson menacé ne s’enfuit pas toujours.
Son système de défense consiste à :
se mettre en boule.
Très efficace contre beaucoup de prédateurs.
Beaucoup moins contre une lame tournant à grande vitesse.
Même précaution avec :
• débroussailleuse ;
• coupe-bordures ;
• fourche dans le compost ;
• broyeur de végétaux.
Avant de commencer :
regardez d’abord ce qui dort dessous.
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Un hérisson sait nager.
Le problème n’est pas forcément d’entrer dans l’eau.
C’est d’en sortir.
Piscine, bassin aux parois verticales, regard ou fosse peuvent devenir des pièges.
Installez :
• une petite rampe ;
• une planche rugueuse ;
• une sortie en pente douce.
Même logique pour les mares :
au moins une berge doit permettre une sortie facile.
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Ce ne sont pas des épines végétales mais des poils modifiés riches en kératine.
Un hérisson peut parcourir 1 à 3 km au cours d’une seule nuit.
Celui qui traverse votre terrasse n’habite donc pas forcément chez vous.
En hibernation, sa température corporelle peut tomber autour de 5 à 6 °C.
Son organisme fonctionne alors au ralenti.
Un hérisson dispose parfois de plusieurs nids au cours de l’année.
L’abri installé dans votre jardin peut donc être utilisé…
puis abandonné…
puis réutilisé.
Ne prenez pas cela personnellement.
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Pas automatiquement.
Un hérisson peut sortir brièvement pendant une période douce.
S’il est :
• tonique ;
• capable de marcher normalement ;
• réactif ;
• capable de se mettre en boule ;
laissez-le généralement poursuivre son chemin.
En revanche, un hérisson :
• blessé ;
• apathique ;
• couché à découvert longtemps ;
• présentant des mouches, œufs ou asticots ;
• manifestement très affaibli ;
nécessite l’avis rapide d’un centre de sauvegarde de la faune sauvage.
Et si vous découvrez un hérisson endormi dans un nid hivernal :
refermez, recouvrez et laissez-le tranquille.
Ne tentez pas de le « réchauffer » ou de le nourrir vous-même sans conseil spécialisé.
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Voilà peut-être le paradoxe final.
Nous pouvons construire :
une superbe maison,
avec toit,
tunnel,
ventilation,
isolation…
Et le hérisson peut décider d’aller dormir :
sous votre tas de branches abandonné depuis février.
Pourquoi ?
Parce qu’un hérisson ne recherche pas un objet décoratif.
Il recherche :
• du calme ;
• du sec ;
• des feuilles ;
• une température stable ;
• une sortie possible ;
• de la nourriture à proximité ;
• et surtout un endroit où personne ne vient l’embêter.
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Dans nos jardins des Hauts-de-France, de Normandie, d’Île-de-France, du Grand Est et de Belgique, l’automne ne signifie donc pas simplement :
« le hérisson va dormir ».
C’est d’abord la période où il doit :
manger,
circuler,
trouver des matériaux,
choisir ses refuges,
et constituer ses réserves.
Alors cette année, avant de :
ramasser toutes les feuilles,
fermer complètement la clôture,
ranger toutes les branches,
nettoyer chaque recoin,
demandez-vous simplement :
Car pour aider le hérisson…
il n’est pas toujours nécessaire de construire davantage.
Il suffit parfois de laisser un peu de place à la vie sauvage dans notre jardin privé.
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• Ligue pour la Protection des Oiseaux — LPO France et LPO Hauts-de-France
• Refuges LPO
• Natagora — Groupe de travail Hérisson, Belgique
• Centres de sauvegarde de la faune sauvage
• Mon expérience personnelle pendant le confinement où j'ai passé plus de temps dans le jardin que dans la maison
Les périodes d’hibernation varient selon les températures, les régions et les individus. Le hérisson d’Europe reste un animal sauvage protégé : un animal blessé ou réellement en détresse doit être confié aux professionnels compétents.
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dans la zone du message concerné.





