L’oie à l’instar de Visé
L ‘histoire de « l’Oie à l’instar de Visé » est assez récente et date de 1914.
Un brave gendarme eut un jour à trancher le joyeux litige suivant:
Un charretier ayant écrasé sur la voie publique une oie vagabonde, le propriétaire de celle-ci réclamait une indemnité de NEUF francs (le bon vieux temps), en abandonnant la bête tuée.
Le charretier, lui, s’entêtait à ne payer que SIX francs, sans vouloir prendre l’oie dont il n’avait que faire..
Alors, le gendarme, bon enfant, s’inspirant de SaIomon, rendit le jugement suivant:
Puisque vous ne voulez pas du volatile, dit-il au charretier, vous allez payer les 6 francs que vous offrez
Puis, s’adressant au propriétaire:
Quant à vous, puisque vous prétendez absolument vous défaire de l’animal, voici les 6 francs de Monsieur, auxquels j’ajoute trois autres; cela fait neuf, soit le prix réclamé. Moi. je vous débarrasse de l’oie.
Le débat fini, le gendarme s’empressa de rentrer chez lui avec l’animal, et procéda, séance tenant, à l’apprêt de l’oie selon la formule suivante:
L’oie troussée et débarrassée de sa graisse, est mise dan& une marmite avec les abatis et couverte d’eau convenablement salée. Après un premier bouillon et un écumage, on ajoute une tête d'ail non épluchée, des oignons, des carottes, un bouquet garni, 2 clous de girofle et du poivre en grains, Quand la volaille est cuite à point, lentement on la dépèce et on en fait blondir les morceaux dans une casserole plate et dans leur propre graisse.
Dans une autre casserole, on fait bouillir un litre de lait dans lequel on fait cuire douze gousses d'ail épluchées que l'on retire ensuite pour les remplacer par 4 biscottes que l'on laisse se diluer, puis on passe cette panade liquide dans une autre casserole au travers d'une passoire fine; il n'y a plus qu'à terminer l'assaisonnement et à lier cette sauce avec six jaunes d'œufs et un verre de crème. Les morceaux d'oie sont égouttés, dressés sur un plat entourés des gousses d'ail et sur le tout on verse la sauce onctueuse et parfumée.
Extrait de « la cuisine au pays du Mannneken Pis » I. Stevens (1946)


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