Discussion d’origine et suivi de la plante
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Un dahlia de grand développement cultivé en pot présente des feuilles jaunissantes, ternes ou marbrées, avec des bordures et des plages brunes qui se dessèchent. Malgré une végétation encore importante, la plante n’a pas produit ses grandes fleurs bicolores habituelles.
Les fortes chaleurs peuvent-elles être responsables ? S’agit-il d’un excès d’eau, d’une maladie ou d’un ravageur ?
Voici une analyse complète des symptômes et les conseils permettant d’aider ce dahlia à se rétablir.
Nom botanique : Dahlia hybride
Famille : Astéracées
Type : plante vivace tubéreuse cultivée comme une annuelle dans les régions froides
Catégorie probable : dahlia décoratif ou dahlia géant à grandes fleurs
Origine : Mexique et Amérique centrale
Diagnostic en résumé
Les photographies montrent principalement un dahlia affaibli par la chaleur et par des variations d’humidité dans son pot. Une attaque d’acariens tétranyques, appelés couramment araignées rouges, est également fortement suspectée.
Les brûlures les plus marquées ont enfin pu être aggravées par la pulvérisation de bicarbonate et de savon sur un feuillage chaud ou déjà fragilisé.
Il ne s’agit vraisemblablement pas, à ce stade, d’une maladie cryptogamique grave.
Plusieurs symptômes sont visibles :
- un jaunissement diffus de certaines feuilles ;
- un aspect finement ponctué ou moucheté ;
- des feuilles devenant gris-vert, ternes ou légèrement bronzées ;
- des bordures qui brunissent et se dessèchent ;
- des plages nécrosées irrégulières ;
- quelques feuilles basses ou intermédiaires plus fortement atteintes ;
- une absence ou une diminution de la floraison ;
- des jeunes pousses qui demeurent cependant relativement vertes et vigoureuses.
Le dahlia apprécie le soleil, mais une plante de grande taille cultivée en pot est beaucoup plus vulnérable à la chaleur qu’un dahlia installé en pleine terre.
Lors d’une période de canicule :
- les parois noires du pot peuvent devenir très chaudes ;
- le substrat s’échauffe rapidement ;
- les racines manquent d’oxygène si la terre reste trop humide ;
- la motte peut, au contraire, se dessécher très vite en périphérie ;
- les grandes feuilles perdent beaucoup d’eau par transpiration ;
- la plante peut sacrifier une partie de son feuillage et interrompre la formation des boutons floraux.
La forte chaleur est donc probablement l’un des éléments déclencheurs du trouble observé.
Le dahlia aime une terre restant fraîche pendant sa croissance, mais il ne supporte pas que ses tubercules demeurent continuellement dans un substrat saturé.
Une alternance entre :
- terre très mouillée ;
- échauffement important du pot ;
- dessèchement partiel de la motte ;
- nouvel apport abondant d’eau ;
Les racines absorbent alors moins efficacement l’eau et les éléments nutritifs. Les feuilles jaunissent, les extrémités brunissent et la floraison ralentit.
Point important : une bouteille d’arrosage ou un goutteur ne doit pas maintenir continuellement le terreau détrempé. L’eau doit pouvoir s’écouler librement par le fond du pot.
Le feuillage présente un aspect finement moucheté, décoloré et bronzé compatible avec une attaque d’acariens tétranyques.
Ces minuscules animaux :
- mesurent moins d’un millimètre ;
- vivent principalement sous les feuilles ;
- piquent les cellules végétales pour en aspirer le contenu ;
- provoquent de nombreux petits points jaunes ou blanchâtres ;
- font progressivement prendre aux feuilles un aspect grisâtre ou bronzé ;
- se développent très rapidement par temps chaud et sec.
Comment vérifier leur présence ?
Placer une feuille de papier blanc sous une feuille atteinte, puis tapoter doucement le feuillage.
De minuscules points mobiles jaunes, verdâtres, bruns ou rougeâtres peuvent tomber sur le papier. Une loupe ou la fonction macro d’un téléphone facilite leur observation.
Il faut également examiner attentivement le revers des feuilles, surtout les plus décolorées.
Le bicarbonate est parfois utilisé contre certaines formes d’oïdium, maladie reconnaissable à son dépôt blanc et poudreux.
Or, aucun feutrage blanc typique de l’oïdium n’apparaît clairement sur ces photographies.
Le mélange bicarbonate-savon était donc probablement inutile contre le problème principal.
Il peut même provoquer des brûlures lorsque :
- le dosage est trop élevé ;
- du liquide vaisselle ou un savon ménager est employé ;
- la pulvérisation est effectuée en plein soleil ;
- la température est élevée ;
- la plante manque déjà d’eau ;
- le mélange sèche sur les feuilles.
Il est préférable d’arrêter provisoirement tout traitement maison.
Si la pulvérisation est récente, le feuillage peut être rincé délicatement à l’eau claire, tôt le matin ou en soirée.
1. Vérifier le drainage du pot
S’assurer que plusieurs trous d’évacuation sont présents sous le contenant.
Ne pas laisser d’eau en permanence dans une soucoupe ou un cache-pot. Une odeur désagréable, un terreau constamment détrempé ou des tiges qui noircissent à leur base pourraient signaler une asphyxie des racines.
2. Contrôler l’humidité avant d’arroser
Enfoncer un doigt dans le substrat sur environ trois à cinq centimètres.
- Si la terre est encore fraîche et humide, attendre avant d’arroser.
- Si elle devient sèche à cette profondeur, effectuer un arrosage abondant et lent.
- Laisser ensuite l’excédent d’eau s’écouler complètement.
3. Arroser de préférence le matin
L’arrosage matinal permet à la plante de disposer d’une réserve d’eau avant les heures les plus chaudes.
Arroser directement la terre et non les feuilles, sauf lorsqu’un rinçage du feuillage est réalisé spécifiquement contre les acariens.
4. Protéger le pot de la surchauffe
Le dahlia peut rester dans un emplacement lumineux, mais il est possible de protéger son contenant pendant la canicule :
- placer le pot à l’ombre durant les heures les plus chaudes ;
- ombrager uniquement le contenant avec une planche, une toile claire ou un second cache-pot ;
- éviter la réverbération contre un mur très chaud ;
- installer un paillage léger à la surface du substrat sans l’entasser contre les tiges.
5. Retirer les feuilles les plus atteintes
Supprimer les feuilles entièrement desséchées ou très fortement nécrosées avec un outil propre.
Ne pas retirer toutes les feuilles marquées en une seule fois. La plante a encore besoin de son feuillage vert pour assurer la photosynthèse et reconstituer ses réserves.
Il est raisonnable de ne pas supprimer plus d’environ un quart à un tiers du feuillage lors d’une même intervention.
6. Rechercher et combattre les acariens
Commencer par une méthode douce :
- doucher soigneusement le revers des feuilles avec un jet d’eau modéré ;
- répéter l’opération tous les trois ou quatre jours ;
- effectuer trois ou quatre passages afin d’éliminer plusieurs générations ;
- nettoyer également les tuteurs et le bord du pot ;
- surveiller les plantes situées à proximité.
Respecter strictement le dosage et les précautions indiqués sur l’emballage.
Traiter en soirée, sur une plante correctement hydratée, lorsque la température a baissé. Faire d’abord un essai sur quelques feuilles et attendre quarante-huit heures avant de traiter toute la plante.
Ne jamais pulvériser un produit huileux ou savonneux en plein soleil ou pendant une forte chaleur.
7. Suspendre temporairement les apports d’engrais
Une plante dont les racines sont stressées ne doit pas recevoir immédiatement une forte dose d’engrais.
Attendre l’apparition de nouvelles feuilles saines avant de reprendre la fertilisation.
Les feuilles déjà brûlées ne redeviendront pas vertes. L’amélioration se jugera à l’apparition de nouvelles pousses exemptes de ponctuations et de nécroses.
L’absence de floraison peut résulter de plusieurs facteurs associés :
- fortes chaleurs ;
- arrosages irréguliers ;
- racines confinées ou mal aérées ;
- attaque importante d’acariens ;
- excès d’engrais azoté favorisant les feuilles au détriment des fleurs ;
- manque temporaire de lumière ;
- suppression ou dessèchement des jeunes boutons ;
- plantation ou redémarrage tardif du tubercule.
Il peut encore former des boutons en fin d’été ou au début de l’automne si les conditions redeviennent favorables.
Exposition
Le dahlia apprécie :
- une exposition ensoleillée ;
- un emplacement lumineux ;
- une situation abritée des vents violents ;
- au moins plusieurs heures de soleil par jour.
Sol et substrat
Le dahlia préfère une terre :
- fertile ;
- riche en matière organique ;
- souple ;
- fraîche sans être détrempée ;
- parfaitement drainée.
Un peu de matière drainante peut être ajouté si le terreau est particulièrement compact.
Il est déconseillé d’utiliser uniquement de la terre de jardin lourde dans un contenant.
Choix du pot
Les dahlias nains se cultivent facilement dans des pots de dimensions moyennes, mais un dahlia géant développe une végétation et un système racinaire importants.
Prévoir :
- un contenant stable ;
- un diamètre d’au moins quarante à cinquante centimètres pour une grande variété ;
- une profondeur suffisante ;
- plusieurs trous de drainage ;
- un seul gros tubercule ou une seule souche par pot.
Les pots noirs exposés au soleil peuvent provoquer un échauffement important des racines.
Plantation
Planter les tubercules après les dernières fortes gelées, lorsque la terre commence à se réchauffer.
Positionner le tubercule horizontalement, avec l’ancienne tige ou les bourgeons dirigés vers le haut.
Recouvrir de quelques centimètres de substrat sans enterrer trop profondément la souche.
Au démarrage, arroser modérément tant que les premières pousses ne sont pas bien développées. Un tubercule encore peu enraciné est très sensible à la pourriture.
Arrosage
Lorsque la végétation est bien développée, le dahlia a besoin d’arrosages réguliers.
La bonne méthode consiste à :
- arroser abondamment mais sans maintenir d’eau stagnante ;
- laisser la surface du substrat sécher légèrement entre deux arrosages ;
- adapter la fréquence à la chaleur, au vent et au volume du pot ;
- éviter les petits arrosages superficiels répétés ;
- diriger l’eau vers la terre.
Fertilisation
Le dahlia est une plante gourmande.
Après la reprise de la végétation, apporter un engrais pour plantes fleuries ou tomates, modérément azoté et suffisamment riche en potassium.
Un excès d’azote provoque :
- de grandes tiges tendres ;
- un feuillage abondant ;
- une sensibilité accrue aux pucerons ;
- une floraison plus tardive ou moins généreuse.
Ne jamais fertiliser une motte complètement sèche ou une plante fortement stressée.
Tuteurage
Les dahlias géants doivent être tuteurés précocement.
Installer plusieurs tuteurs solides autour de la souche et attacher les tiges avec des liens souples.
Ne pas serrer les liens, car les tiges grossissent rapidement et peuvent être blessées.
Pincement et taille
Lorsque les jeunes pousses atteignent environ vingt à trente centimètres, leur extrémité peut être pincée afin de favoriser les ramifications.
Pour obtenir des fleurs moins nombreuses mais plus grandes, certains jardiniers suppriment une partie des boutons secondaires.
Pour prolonger la floraison :
- retirer régulièrement les fleurs fanées ;
- couper au-dessus d’une paire de feuilles ou d’un départ latéral ;
- supprimer les tiges cassées ou malades ;
- aérer légèrement le centre de la touffe si elle devient trop dense.
Le dahlia est sensible au gel.
Après les premières gelées ayant noirci le feuillage :
- couper les tiges à environ dix ou quinze centimètres ;
- sortir délicatement les tubercules de terre ;
- les laisser ressuyer dans un lieu abrité ;
- retirer l’excès de terre sans blesser les tubercules ;
- les conserver dans un local sombre, sec, aéré et hors gel.
Limiter fortement les arrosages pendant le repos hivernal afin d’éviter la pourriture des tubercules.
Acariens ou araignées rouges
Symptômes :
- ponctuations jaunes ou blanches ;
- feuillage grisâtre ou bronzé ;
- dessèchement progressif ;
- fines toiles sous les feuilles.
Pucerons
Ils colonisent les jeunes pousses et les boutons floraux.
Ils peuvent provoquer :
- déformation des jeunes feuilles ;
- ralentissement de la croissance ;
- présence de miellat collant ;
- développement de fumagine noire.
Ils attaquent principalement les jeunes pousses lors du démarrage printanier.
Les dégâts prennent la forme de feuilles découpées, de tiges rongées ou de jeunes pousses entièrement dévorées.
Perce-oreilles et chenilles
Ils peuvent perforer les feuilles et endommager les pétales ou les boutons floraux.
Oïdium
Il se reconnaît à un véritable feutrage blanc et poudreux sur le feuillage.
Il apparaît souvent lorsque la plante subit un manque d’eau, une mauvaise circulation de l’air ou de fortes différences entre les températures du jour et de la nuit.
Botrytis ou pourriture grise
Il provoque des tissus mous et brunissants, parfois recouverts d’un duvet gris.
Il est favorisé par l’humidité persistante, les fleurs fanées et un feuillage trop dense.
Pourriture des tubercules
Elle survient dans un substrat détrempé ou mal drainé.
Les signes possibles sont :
- flétrissement malgré une terre humide ;
- base des tiges brunissante ou ramollie ;
- odeur de pourriture ;
- tubercules mous ou noircis.
Certains virus peuvent provoquer :
- des dessins en mosaïque jaunes et verts ;
- des anneaux ou lignes chlorotiques ;
- des feuilles déformées ;
- une croissance anormalement faible ;
- une floraison réduite.
Une plante réellement atteinte d’un virus ne peut pas être guérie et ne doit pas être multipliée.
Cause principale probable : stress thermique et hydrique lié à la culture en pot.
Cause associée fortement suspectée : attaque d’acariens tétranyques favorisée par la chaleur.
Facteur aggravant possible : brûlure du feuillage après pulvérisation d’un mélange de bicarbonate et de savon.
Maladie cryptogamique : non caractéristique sur les photographies.
Maladie virale : peu probable à ce stade, mais à surveiller sur les nouvelles pousses.
Gravité actuelle : modérée.
Pronostic : favorable si le drainage, l’arrosage et les éventuels acariens sont rapidement contrôlés.
Les fortes chaleurs ont très probablement fragilisé ce dahlia géant, d’autant plus que sa végétation importante est confinée dans un pot exposé au soleil.
Cependant, l’aspect finement moucheté et bronzé de plusieurs feuilles fait également penser à une attaque d’acariens, ravageurs particulièrement actifs par temps chaud et sec.
La priorité consiste donc à vérifier le revers des feuilles, à contrôler l’humidité du substrat, à améliorer le drainage et à protéger le pot de la surchauffe.
Il faut également interrompre les traitements maison au bicarbonate et au savon, qui peuvent brûler un feuillage déjà stressé.
Les parties brunes ne se répareront pas, mais l’apparition de nouvelles feuilles bien vertes permettra de confirmer le rétablissement de la plante. Si les conditions s’améliorent suffisamment vite, une floraison tardive reste encore possible.

dans la zone du message concerné.

