En septembre, pas question d’aller déranger les oiseaux dans leurs nids.
Mais justement…
c’est le bon moment pour sortir la scie, la perceuse et les chutes de bois.
Car un nichoir posé en automne possède un avantage considérable : les oiseaux ont plusieurs mois pour le découvrir, l’examiner, parfois l’utiliser comme abri hivernal… avant de décider au printemps s’il mérite ses cinq étoiles.
Et soyons clairs :
C’est une cavité artificielle qui doit remplacer le trou d’un vieil arbre… pas le chalet de Heidi.
Certaines espèces commencent à repérer très tôt leurs futurs sites de reproduction.
Installer un nichoir en automne ou au début de l’hiver permet donc :
• aux oiseaux de le découvrir tranquillement ;
• au bois de se patiner naturellement ;
• de vérifier les fixations avant les tempêtes hivernales ;
• et parfois d’offrir un abri nocturne pendant les périodes froides.
C’est également le bon moment pour contrôler les anciens nichoirs, après avoir vérifié qu’ils sont réellement inoccupés.
On retire l’ancien nid, on brosse, on rince éventuellement à l’eau chaude et on laisse sécher.
Pas d’insecticide.
Pas de désinfectant parfum citron.
Et certainement pas un petit coup de bombe « fraîcheur des Alpes ».
1 — Du vrai bois
Utilisez de préférence du bois massif brut et non traité d’environ 15 à 20 mm d’épaisseur.
Douglas, mélèze, pin ou sapin conviennent très bien.
Le bois doit rester suffisamment rugueux, notamment à l’intérieur, afin que les oiseaux puissent s’y agripper.
2 — Pas de perchoir devant l’entrée
Le petit bâton devant le trou fait très joli sur les nichoirs décoratifs…
mais l’oiseau n’en a absolument pas besoin.
Le chat, la fouine ou certains prédateurs, eux, peuvent le trouver très pratique.
3 — Le diamètre du trou n’est pas décoratif
Quelques millimètres changent complètement le locataire potentiel.
28 mm, 32 mm ou 45 mm ne correspondent pas aux mêmes espèces.
4 — Un toit qui déborde
Quelques centimètres d’avancée protègent l’entrée de la pluie.
Le toit peut être légèrement incliné.
5 — De l’air… mais pas des courants d’air
Quelques petites ouvertures de drainage au fond et une ventilation discrète suffisent.
6 — Est ou Sud-Est
Dans nos régions JDN, une orientation Est à Sud-Est, à l’abri des vents dominants et du soleil brûlant de l’après-midi, constitue généralement un excellent compromis.
7 — Une fixation réellement solide
Pas de nichoir qui balance à chaque rafale.
Sur un arbre, utilisez une fixation qui ne l’étrangle pas : sangle, dispositif adapté ou cales entre fixation et écorce.
8 — On ne visite pas les locataires
Une fois occupé :
Un excellent nichoir peut coûter presque zéro euro.
Cherchez :
• une ancienne étagère en pin massif ;
• des chutes de volige ;
• des morceaux de Douglas restant d’un chantier ;
• une ancienne planche de coffrage propre et non traitée ;
• une caisse en bois suffisamment épaisse ;
• des chutes de tasseaux ;
• quelques vis inoxydables ou galvanisées.
Une chute d’ardoise peut éventuellement protéger le toit si elle est solidement fixée.
Une petite chute de bois dur peut aussi renforcer la zone autour du trou d’envol.
• MDF ;
• aggloméré ;
• panneaux qui gonflent avec l’humidité ;
• bois peint dont on ignore la composition ;
• bois imprégné de produits de traitement ;
• palettes d’origine inconnue.
La récupération, oui.
La récupération douteuse, non.
Voilà un bricolage particulièrement économique.
Construisez une bonne caisse de base avec une façade démontable.
Puis fabriquez trois façades :
Vous obtenez ainsi un nichoir modulable que vous pourrez adapter, uniquement lorsqu’il est vide et hors reproduction, aux espèces réellement présentes dans votre jardin.
Un seul corps.
Trois portes.
Et aucun abonnement immobilier.
Les espèces ci-dessous sont présentes ou susceptibles d’être rencontrées sur une grande partie de notre territoire JDN : Hauts-de-France, Normandie, Île-de-France nord et ouest, Grand Est et Belgique.
Toutes ne fréquenteront évidemment pas chaque jardin.
une ancienne étagère en pin de 18 ou 20 mm constitue presque le matériau idéal.
Vous risqueriez surtout d’offrir l’appartement à quelqu’un d’autre.
C’est probablement l’un des modèles les plus simples à fabriquer pour débuter.
Une boîte solide, un bon toit, une entrée correcte…
et surtout aucune décoration inutile.
Et voici une différence intéressante :
On peut donc réaliser un « HLM à moineaux » : trois chambres indépendantes côte à côte, chacune avec son entrée.
Contrairement aux mésanges territoriales, ici, la copropriété peut fonctionner.
Pas de petit trou rond.
Ils préfèrent une façade largement ouverte dans sa partie supérieure.
Pour le rougegorge, privilégiez un endroit discret près d’une végétation dense.
Un nichoir bas placé juste au-dessus d’une clôture ou d’une branche accessible peut se transformer en distributeur de repas.
Il apprécie notamment les vergers, vieux jardins et secteurs arborés.
Et voici notre première maçonne.
Si elle juge l’entrée trop grande, la sittelle peut réduire elle-même l’ouverture avec de la boue.
Autrement dit :
vous construisez le gros œuvre…
Madame fait les finitions.
Voilà pourquoi mettre un trou de 45 mm dans un nichoir à mésange n’est vraiment pas « lui donner plus de confort ».
C’est simplement changer de locataire.
Lui refuse presque toutes les conventions immobilières.
Dans la nature, il niche volontiers derrière une écorce décollée.
Son nichoir doit donc reproduire cette situation.
Voilà un excellent projet pour recycler deux ou trois chutes de bois étroites.
Ici, changement complet de décor.
Pas d’arbre.
Pas de petite cabane verticale.
Les martinets nichent volontiers en petites colonies.
Et ne vous découragez pas si personne ne signe le bail la première année.
Chez le martinet, l’immobilier peut demander de la patience.
Un nichoir à chouette n’est pas simplement un nichoir à mésange multiplié par quatre.
Le site doit être adapté.
L’espèce doit être présente.
Et la sécurité devient beaucoup plus importante.
La petite chouette typique des vieux vergers, prairies arborées et paysages ruraux.
Elle fréquente volontiers boisements, parcs et grands jardins avec vieux arbres.
Autant dire que nous quittons ici le bricolage sur l’escabeau du salon.
Installation à deux, matériel sérieux et sécurité impérative.
Et avant de poser une boîte, conservons surtout les vieux arbres à cavités lorsqu’ils peuvent l’être en sécurité :
La fameuse « Dame blanche ».
Elle recherche surtout :
• granges ;
• greniers ;
• bâtiments agricoles ;
• pigeonniers ;
• bâtiments ruraux tranquilles.
Ici :
Voilà notre spécialiste du vol sur place, le fameux « Saint-Esprit ».
Il ne recherche pas un trou minuscule mais une sorte de grand balcon protégé.
Ce n’est donc pas le projet idéal pour un jardinet de 80 m² entouré d’immeubles.
Voilà justement deux oiseaux pour lesquels la réponse est souvent :
La Buse variable et l’Épervier d’Europe construisent leurs propres nids dans les arbres.
Pour eux, le meilleur aménagement consiste plutôt à préserver :
• grands arbres ;
• haies ;
• bosquets ;
• tranquillité ;
• biodiversité ;
• populations naturelles de proies.
Tout le monde n’a donc pas besoin d’une boîte en bois pour apprécier votre jardin.
Avant de sortir la perceuse, regardez autour de vous.
Le nichoir ne doit pas être :
• accessible directement depuis une branche au chat ;
• placé au-dessus d’un passage très fréquenté ;
• exposé plein ouest aux pluies dominantes ;
• grillé par le soleil de l’après-midi ;
• coincé dans une zone où personne ne peut sortir correctement ;
• installé juste à côté de plusieurs nichoirs territoriaux identiques.
Pour les mésanges notamment, mieux vaut espacer les nichoirs destinés à une même espèce.
Les moineaux, eux, tolèrent beaucoup mieux la vie en colonie.
Comme quoi, même chez les oiseaux, certains préfèrent le pavillon individuel…
et d’autres la résidence collective.
Lorsque le nichoir est vide et la reproduction définitivement terminée :
• retirez l’ancien nid ;
• portez éventuellement gants et masque ;
• brossez l’intérieur ;
• utilisez de l’eau chaude si nécessaire ;
• laissez complètement sécher ;
• vérifiez le toit ;
• contrôlez les fixations ;
• débouchez les trous de drainage.
Pas besoin de produits chimiques.
Et surtout :
jamais de nettoyage, déplacement ou ouverture d’un nichoir occupé.
De nombreuses espèces d’oiseaux sont protégées et la destruction ou la perturbation intentionnelle de leurs nids et de leur reproduction est réglementée.
Voici peut-être le point le plus important de toute cette fiche.
On peut installer vingt nichoirs…
si le jardin ne contient :
• ni insectes ;
• ni haies ;
• ni graines ;
• ni arbres ;
• ni points d’eau ;
• ni zones tranquilles ;
les candidats risquent de visiter les lieux…
puis de repartir.
Un nichoir fonctionne beaucoup mieux lorsqu’il complète :
• des haies diversifiées ;
• des arbres et arbustes locaux ;
• des zones laissées un peu sauvages ;
• des vieux arbres conservés lorsque cela est possible ;
• un jardin sans pesticides ;
• de la nourriture naturellement disponible.
Le jardin doit encore fournir le restaurant.
Avant d’acheter un nichoir tout fait, allez faire un tour dans :
• le garage ;
• l’atelier ;
• la remise ;
• les chutes du dernier bricolage.
Une planche oubliée depuis cinq ans peut devenir au printemps prochain :
Et si personne ne s’y installe la première année ?
Ce n’est pas un échec.
Les oiseaux choisissent selon :
• la nourriture disponible ;
• la tranquillité ;
• les territoires déjà occupés ;
• la météo ;
• la présence de prédateurs ;
• et probablement quelques critères immobiliers qu’ils refusent obstinément de nous communiquer.
Un nichoir bien construit ne garantit donc jamais un locataire.
Mais il lui offre une possibilité supplémentaire.
Et dans des paysages où les vieux arbres, trous de murs et cavités naturelles deviennent plus rares…
• Ligue pour la Protection des Oiseaux — LPO France et LPO Nord
• Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux
• Natagora
• Réglementation française relative à la protection des oiseaux sauvages
Les dimensions proposées sont des valeurs de référence : selon les modèles de nichoirs, quelques variations sont possibles. Le plus important reste de respecter l’écologie de l’espèce ciblée, la sécurité, le volume intérieur et le type d’ouverture.


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